|
|
Question
écrite au gouvernement
|
Législature
: XIIIe ( 2008 )
|
N°
35406
|
|
|
OBJET
DE LA QUESTION :
Agriculture
biologique - Aides de l'Etat
|
|
|
|
Ministère
interrogé
Agriculture
et Pêche
|
|
Q. M.
Pierre Cardo appelle l'attention
de M. le ministre de l'agriculture et de
la pêche sur le devenir de l'agriculture
biologique, notamment en Île-de-France. Alors que l'Île-de-France
comptait, il y a 40 ans environ, 4 000 agriculteurs maraîchers,
il n'en reste guère plus de 300. Pour ce qui est de l'agriculture
biologique, toutes spécialités confondues (céréaliers, maraîchers,
arboriculteurs, associations...), il ne subsiste guère que 80
exploitations sur l'ensemble des 7 départements, exploitant
moins de 1 % de la surface agricole utile. Ce taux s'élève, en moyenne,
à 2 % sur l'ensemble du territoire alors que le Grenelle de l'environnement
ambitionne 6 % des surfaces en 2012 et 20 % en 2020.
Dans
nombre de pays voisins cette part dépasse aujourd'hui souvent 10
% des surfaces utiles. Les raisons de cette
régression progressive du nombre d'exploitations sont
multiples. Il est, en effet, difficile de faire fonctionner des
exploitations écologiquement responsables alors même que l'objectif
premier est souvent d'être économiquement performant.
Au
titre des freins au développement
de ces entreprises, figure la pénibilité du travail, son caractère
saisonnier et, surtout, le coût de main d'oeuvre et le caractère,
souvent peu attractif des métiers qui handicape lourdement le recrutement.
Alors même que nombre de nos concitoyens recherchent des produits
sains, ces derniers ont souvent recours à des produits importés,
en provenance de pays qui disposent d'une main d'oeuvre moins coûteuse,
sans que pour autant, les mêmes critères de qualité et de contrôle
ne s'imposent.
Il
lui demande de lui indiquer les mesures
qu'il entend prendre, de concert avec la profession, pour réduire
les coûts de production, le cas échéant par une baisse
des charges, voire de la TVA, et améliorer l'attractivité des métiers,
le cas échéant par la création d'un service civique volontaire environnemental,
la création d'un chèque emploi occasionnel pour les très petites
entreprises, de vrais formations professionnelles et des aides au
fonctionnement des entreprises. Une autre piste de réflexion pourrait
consister en une augmentation du montant
possible des activités, notamment commerciales, accessoires
.
|
|
R. Au
mois de septembre 2007, le ministre
de l'agriculture et de la pêche a proposé un plan
d'actions cohérent et global en faveur de l'agriculture
biologique, d'une durée de cinq ans, décliné selon cinq
axes :
1.
La recherche, le développement et la
formation : les premiers efforts devant porter à l'amont
de la production, le dispositif de recherche et de développement
en faveur de l'agriculture biologique est réorganisé et ses moyens
accrus. Pour cela, un comité scientifique pour le développement
de l'agriculture biologique et un réseau mixte technologique ont
été créés. Par ailleurs, une enveloppe d'un montant de 1 million
d'euros au sein de l'appel à projet d'innovation et de partenariat
financé par le compte d'affectation spécial pour le développement
agricole et rural (CASDAR) a été réservée pour 2009. L'enseignement
agricole est également mobilisé sur la thématique de l'agriculture
biologique ;
2.
La structuration des filières
: l'agence Bio est dotée d'un fonds de structuration des filières
de 3 millions d'euros par an pendant les cinq années du plan d'actions
(soit 15 millions d'euros sur la période de cinq ans), et le fonds
d'intervention stratégique des industries agroalimentaires (FISIAA)
du ministère de l'agriculturre et de la pêche est prioritairement
accessible aux investissements des entreprises de transformation
du secteur de l'agriculture biologique. Des conférences régionales
sont organisées depuis septembre 2008 en vue d'optimiser les actions
financées par les pouvoirs publics et de renforcer ainsi la synergie
et la cohérence des financements publics au plan local. Par ailleurs,
le maintien des crédits d'animation ayant vocation à accompagner
les actions régionales est également prévu dans ce cadre ;
3.
La consommation de produits issus de
l'agriculture biologique : l'une des voies du développement
de la consommation passe par la restauration collective. Une circulaire
du Premier ministre du 2 mai 2008 relative à l'exemplarité de
l'État en matière d'utilisation de denrées issues de l'agriculture
biologique prévoit l'introduction progressive de produits biologiques
dans la restauration collective publique de l'État, l'objectif
étant d'atteindre 20 % d'approvisionnement en bio d'ici 2012 ;
4.
Une réglementation adaptée
: le ministère de l'agriculture et de la pêche veille à ce que
les dispositifs législatifs et réglementaires en vigueur et ceux
à venir, tant au niveau national que communautaire, prennent en
compte les spécificités de l'agriculture biologique et de ses
pratiques culturales respectueuses de l'environnement ;
5.
La conversion et la pérennité des exploitations
biologiques : afin de favoriser les conversions et
le maintien des exploitations, le crédit d'impôt applicable aux
exploitations biologiques a été reconduit jusqu'en 2010. Son doublement
est proposé dans le projet de loi « Grenelle ». Il s'appliquera
sur les revenus 2009. Les aides à la conversion et au maintien
en agriculture biologique ont été déplafonnées et une enveloppe
supplémentaire de 12 millions d'euros par an a été affectée à
ces mesures pour 2009.
Par
ailleurs, dans le cadre du bilan de santé de la politique
agricole commune dont les négociations ont été conclues
sous présidence française, le ministre de l'agriculture et de la
pêche s'est attaché à favoriser une meilleure prise en compte de
l'agriculture biologique par les crédits européens. Ce plan, soumis
au Grenelle de l'environnement, a été approuvé par les instances
mises en place dans ce cadre. Il est mis en oeuvre en étroite concertation
avec l'ensemble des organisations professionnelles intéressées et
fait l'objet de bilans d'étapes réguliers. L'objectif de ce plan
est de multiplier par trois, d'ici 2012,
les surfaces actuelles cultivées dans le mode de production biologique
afin d'atteindre 1,6 million d'hectares.
En
région Île-de-France, dans un contexte général de réduction du nombre
d'exploitations agricoles, le nombre de celles en mode de production
biologique a été multiplié par quatre, et les superficies cultivées
sous ce mode de production par dix, ces vingt dernières années.
Les surfaces agricoles « biologiques » ont évolué de 5,2 % entre
2006 et 2007. Sur la base du plan « agriculture
biologique : horizon 2012 », un nouveau plan d'action
régional concerté État-région pour le développement de l'agriculture
biologique, adapté aux spécificités de l'Île-de-France, est en cours
d'élaboration .
|
|